À la base des toitures durables : la conception et la spécification (suite)

3e article d’une série de 12

L’économie d’énergie

Il a été grandement discuté dans ce blogue de l’importance de l’isolation dans la quête de l’efficacité énergétique notamment en ce qui a trait à la réduction de coûts d’énergie et de la demande globale en énergie.

L’isolation équivaut à moins de 1 % des coûts pour un nouveau bâtiment et l’isolation du toit est une fraction de ce coût. Dans la toiture, la continuité du pare-air est capitale pour le rendement énergétique d’un bâtiment. La valeur élevée de l’isolation peut être inefficace s’il y a une défaillance dans cette étanchéité. Afin d’éviter ce problème fréquent, les concepteurs de la construction doivent inclure les détails et les spécifications qui facilitent la coordination des différents métiers sur le chantier. Par exemple, les charpentiers-menuisiers peuvent construire les parapets bien avant l’arrivée des couvreurs et la conception peut nécessiter l’installation sous le parapet d’un pare-air et pare-vapeur afin d’assurer la continuité de l’étanchéité entre le toit et les murs. Cette étape peut être spécifiée dans la section de charpenterie ou de toiture, mais si le pare-air et pare-vapeur est installé par le charpentier-menuisier, il y aura moins de confusion dans la coordination des travaux. Plutôt que de poser un contreplaqué au périmètre et un panneau de gypse, qui tient lieu de barrière thermique, sur lequel on applique au bitume chaud un pare-air et pare-vapeur avant la construction du parapet, le charpentier-menuisier installe tout simplement une membrane autocollante avec une surface sablée avant la construction des parapets. Donc, une spécification qui prévoit la pose d’un pare-air et pare-vapeur autocollant avant la construction des parapets facilite la coordination des travaux.

Pour un projet de réhabilitation comme celui de Moisson Montréal, il n’y a pas de solution simple pour assurer la continuité du pare-air et pare-vapeur entre le toit et les murs. Le concepteur de la toiture doit alors faire usage de son arsenal de détails existants pour limiter au maximum les infiltrations ou exfiltrations d’air à cet endroit. Dans le cas qui nous intéresse, une étude thermographique a démontré qu’il y avait défaillance au périmètre résultant par une perte thermique. Puisque la façade du bâtiment était également en réfection, il a été possible de retirer le contre-plaqué, d’ajouter de l’isolant et de refaire la jonction mur-toit avec une membrane d’étanchéité.

 

Soprema : Jonction mur / toit

Afin d’assurer la continuité du pare-air et pare-vapeur, on peut simplifier la coordination des différents métiers sur le chantier par la spécification de l’installation d’un pare-air et pare-vapeur autocollant par le charpentier-menuisier, avant la construction du parapet.

Dans notre prochain billet, nous aborderons plus en détails la question de la durabilité d’un système toiture, élément clé dans une optique de développement durable. À suivre.

Tags:

Laissez un commentaire




Message: